Dans
l'aventure sarkozienne, Kouchner n'en a pas fini d'avaler des couleuvres. Mais c'est devant la presse étrangère qu'il joue les langues de vipère.Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, est à la une du New York Times Magazine du 03/02, supplément du prestigieux New York Times. Il a droit à un très long article rédigé par James Traub. Les feignasses et les nuls en anglais pourront se tourner vers le résumé qu'en a fait le Monde du 05/02.
Traub revient notamment sur le fiasco libanais. Le Parlement libanais peine à trouver un sucesseur au Président Emile Lahoud dont le mandat a expiré le 23 novembre. Faute d'accord, l'élection a été reportée 13 fois de suite et un nouveau scrutin est prévu le 11/02. Dans cette crise politique, Kouchner a tenté sans succès de jouer les médiateurs.
Mais début novembre, Sarko a décidé de mandater Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, et Jean-David Levitte, son conseiller diplomatique, pour discuter paralèllement avec la Syrie de Bachar El Assad contre l'avis du ministre. Nicolas Sarkozy avait jugé qu'elle pouvait influer sur l'opposition pro-syrienne. Mais devant le manque d'entrain de Damas, Sarko a rompu tout dialogue avec la Syrie fin décembre.
Et quand le journaliste lui demande s'il se sent responsable de cet échec, Kouchner répond que non et accuse "l'Elysée" ("The problem, he said, was 'Élysée' — the president’s office."). Il dédouane cependant JD.Levitte qu'il savait être en accord avec ses positions et sa manière de faire ("He was in agreement with me."). A l'inverse, il critique le manque d'expérience diplomatique de Claude Guéant, archi-fidèle de Sarkozy ("Kouchner was implying that the problem in fact lay with Guéant, was now emerging as an unexpected rival. 'It’s always the same game with them. It’s a problem of experience. Those who know, know'.").
Ce n'est pas la première fois que des "couacs" apparaissent dans le diplomatie française. La visite de Kadhafi, le dictateur lybien, en a été la preuve. Mais, à ma connaissance, il est très rare qu'un ministre accuse nommément "l'Elysée" d'erreur diplomatique et dénonce son secrétaire général comme incompétent pour gérer le "domaine réservé" de la Présidence.
Il sera marrant de voir si Kouchner va réagir à ses citations et comment. Peut-être par le silence. Peut-être en accusant Traub d'avoir déformé ses propos ou les journalistes français de les avoir mal traduits. Reste que dire que Kouchner est en pleine communion idéologique avec Sarkozy et sa cour relève un poil de la mauvaise foi.
par Tefy
publié dans :
Europe/Monde






