Accusée de fraudes, l'UIMM se fait dézinguer par Laurence Parisot. Et l'UMP applaudit. Rien ne va plus dans le monde du cigare et
du brandy.
Après "l'affaire Kerviel", c'est "l'affaire Denis Gautier-Sauvagnac" ou "affaire de l'UIMM" (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) qui jette le discrédit sur le monde des affaires. "DGS" pour les intimes, ancien n°2 du Medef, ex-président de la toute puissante UIMM avait dû démissioner de ses mandats en novembre 2007. Il est soupconné d'avoir détourné près de 19 millions d'euros en liquide des caisses de l'Union. Une partie de ces sommes auraient servi à "fludifier le dialogue social" selon ses propres termes. Le 15/01, DGS a été mis en examen pour "abus de confiance", "recel d'abus de confiance" et "travail dissimulé". Les pistes de financements syndicaux voire politiques sont envisagées par la justice.
L'ex-directeur des RG, Yves Bertrand avait écrit dans un livre sorti en septembre 2007 (Je ne sais rien mais je dirais tout, Plon) que l'UIMM avait financé la campagne présidentielle victorieuse de Valéry Giscard d'Estaing en 1974. L'aide aurait consisté à payer des membres de groupuscules d'extrême-droite chargés d'assurer le service d'ordre. Une accusation encore à l'état de grande hypothèse. Bertrand sera entendu comme témoin le 13/03 par le juge Le Loire, en charge de l'affaire
Le 28/02, nouveau rebondissement. L'UIMM confirme une information du magazine Marianne daté du 01/03 qui révèle les conditions de départ de DGS, resté delégué général. Selon un accord datant de décembre 2007, il lui sera versé une indemnité de 1,5 millions d'euros. Un second accord prévoit également la prise en charge financière par l'Union des éventuelles condamnations fiscales de l'intéressé. Selon Marianne, ces engagements auraient été pris en échange de son "silence" sur la destination des fonds, ce que dément formellement l'UIMM.
Pour Laurence Parisot, présidente du Medef, plus de modération possible. Celle qui s'est élire à la tête du mouvement en 2005 contre Yvon Jacob, candidat soutenu par ... l'UIMM défend bec et ongle l'éthique patronale. Dans le JDD du 02/03, elle "demande solennellement à tous les membres de l'UIMM qui exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de remettre immédiatement leurs mandats à la disposition du Medef". Michel de Virville, président de l'UNEDIC, a déja quitté son poste. Selon Marianne, c'est lui qui aurait négocié les fameux accords avec DGS.
Parisot se montre particulièrement offensive contre DGS et l'UIMM. "Octroyer de tels avantages dans de telles circonstances, c'est méprisant et c'est méprisable, c'est une pantalonnade. Ce comportement est grossier, il signe une absence totale de respect et de sens de l'intérêt général." affirme-t-elle. L'UIMM tout en étant une organisation autonome est adhérente du MEDEF et le représente à ce titre dans plusieurs organismes sociaux. Parisot ne ferme pas non plus la porte à une attaque en justice.
Mais l'Union et DGS n'ont pas l'intention de se laisser faire. Jean-Yves Leborgne, avocat de DGS, affirme dans le Parisien du 03/03 que l'indemnité de son client est "juste et légitime", il accuse Parisot de "tentative de vassalisation de l'UIMM". Son nouveau président Frédéric de Saint-Geours a également estimé, le 03/03, "normal" que "salarié depuis 15 ans à l'UIMM", DGS ait droit à un petit pécule. Cette indemnité sera certes "réexaminée" mais pas forcément annulée. Une proposition de DGS lui-même.
Saint-Geours a toutefois annoncé une "réorganisation" de la direction. DGS a d'ores et déja quitté son poste de délégué général de même que Dominique de Calan, délégué général adjoint. Ce dernier mis en examen le 14/02 dans cette affaire devra également quitter son poste de président de l'Agirc (retraite complémentaire des cadres). Une convention de l'UIMM aura lieu le 19/03. Pour le reste, l'Union n'a pas l'intention de se plier aux 4 volontés de la présidente du Medef et entend conserver tous ses autres mandats. Saint-Geours a également annoncé ce mardi que l'Union fera certifier ses comptes dès cette année. Un entretien entre Parisot et Saint-Geours a eu lieu le 04/03. Le Medef l'a jugé "pas satisfaisant". "La question des mandats reste ouverte" ajoute-t-il.
Les réactions politiques ne sont pas faites attendre. Toutes très dures contre DGS et l'UIMM. Au PS mais aussi à l'UMP. Invité le 03/03 sur RMC, Frédéric Lefebvre, secrétaire national à l'économie, proche de Sarkozy, appelle Laurence Parisot à "nettoyer tout ça au Kärcher" parlant de "voyoucratie". François Fillon, Premier Ministre, invité le 04/03 sur Europe 1 estime que Parisot "a eu la bonne réaction". La veille, il avait rencontré la présidente du Medef. Selon elle, l'affaire de l'UIMM a été évoquée "de manière uniquement factuelle". Lundi, toujours sur Europe 1, Eric Woerth, ministre du Budget, annonçait qu'il y aurait "évidemment" une "enquête fiscale" sur les retraits frauduleux de DGS.
Cette crise sera sûrement l'occasion pour Laurence Parisot de se conduire en véritable "patronne des patrons" en asseyant son autorité. Car derrière cette affaire se cache également les luttes d'influences au sein du patronat. Elle pourra aussi en profiter pour réconcilier les français avec l'Entreprise. A condition de faire "le grand ménage" dans le patronat.
Après "l'affaire Kerviel", c'est "l'affaire Denis Gautier-Sauvagnac" ou "affaire de l'UIMM" (Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) qui jette le discrédit sur le monde des affaires. "DGS" pour les intimes, ancien n°2 du Medef, ex-président de la toute puissante UIMM avait dû démissioner de ses mandats en novembre 2007. Il est soupconné d'avoir détourné près de 19 millions d'euros en liquide des caisses de l'Union. Une partie de ces sommes auraient servi à "fludifier le dialogue social" selon ses propres termes. Le 15/01, DGS a été mis en examen pour "abus de confiance", "recel d'abus de confiance" et "travail dissimulé". Les pistes de financements syndicaux voire politiques sont envisagées par la justice.
L'ex-directeur des RG, Yves Bertrand avait écrit dans un livre sorti en septembre 2007 (Je ne sais rien mais je dirais tout, Plon) que l'UIMM avait financé la campagne présidentielle victorieuse de Valéry Giscard d'Estaing en 1974. L'aide aurait consisté à payer des membres de groupuscules d'extrême-droite chargés d'assurer le service d'ordre. Une accusation encore à l'état de grande hypothèse. Bertrand sera entendu comme témoin le 13/03 par le juge Le Loire, en charge de l'affaire
Le 28/02, nouveau rebondissement. L'UIMM confirme une information du magazine Marianne daté du 01/03 qui révèle les conditions de départ de DGS, resté delégué général. Selon un accord datant de décembre 2007, il lui sera versé une indemnité de 1,5 millions d'euros. Un second accord prévoit également la prise en charge financière par l'Union des éventuelles condamnations fiscales de l'intéressé. Selon Marianne, ces engagements auraient été pris en échange de son "silence" sur la destination des fonds, ce que dément formellement l'UIMM.
Pour Laurence Parisot, présidente du Medef, plus de modération possible. Celle qui s'est élire à la tête du mouvement en 2005 contre Yvon Jacob, candidat soutenu par ... l'UIMM défend bec et ongle l'éthique patronale. Dans le JDD du 02/03, elle "demande solennellement à tous les membres de l'UIMM qui exercent des mandats nationaux dans des institutions au nom du Medef de remettre immédiatement leurs mandats à la disposition du Medef". Michel de Virville, président de l'UNEDIC, a déja quitté son poste. Selon Marianne, c'est lui qui aurait négocié les fameux accords avec DGS.
Parisot se montre particulièrement offensive contre DGS et l'UIMM. "Octroyer de tels avantages dans de telles circonstances, c'est méprisant et c'est méprisable, c'est une pantalonnade. Ce comportement est grossier, il signe une absence totale de respect et de sens de l'intérêt général." affirme-t-elle. L'UIMM tout en étant une organisation autonome est adhérente du MEDEF et le représente à ce titre dans plusieurs organismes sociaux. Parisot ne ferme pas non plus la porte à une attaque en justice.
Mais l'Union et DGS n'ont pas l'intention de se laisser faire. Jean-Yves Leborgne, avocat de DGS, affirme dans le Parisien du 03/03 que l'indemnité de son client est "juste et légitime", il accuse Parisot de "tentative de vassalisation de l'UIMM". Son nouveau président Frédéric de Saint-Geours a également estimé, le 03/03, "normal" que "salarié depuis 15 ans à l'UIMM", DGS ait droit à un petit pécule. Cette indemnité sera certes "réexaminée" mais pas forcément annulée. Une proposition de DGS lui-même.
Saint-Geours a toutefois annoncé une "réorganisation" de la direction. DGS a d'ores et déja quitté son poste de délégué général de même que Dominique de Calan, délégué général adjoint. Ce dernier mis en examen le 14/02 dans cette affaire devra également quitter son poste de président de l'Agirc (retraite complémentaire des cadres). Une convention de l'UIMM aura lieu le 19/03. Pour le reste, l'Union n'a pas l'intention de se plier aux 4 volontés de la présidente du Medef et entend conserver tous ses autres mandats. Saint-Geours a également annoncé ce mardi que l'Union fera certifier ses comptes dès cette année. Un entretien entre Parisot et Saint-Geours a eu lieu le 04/03. Le Medef l'a jugé "pas satisfaisant". "La question des mandats reste ouverte" ajoute-t-il.
Les réactions politiques ne sont pas faites attendre. Toutes très dures contre DGS et l'UIMM. Au PS mais aussi à l'UMP. Invité le 03/03 sur RMC, Frédéric Lefebvre, secrétaire national à l'économie, proche de Sarkozy, appelle Laurence Parisot à "nettoyer tout ça au Kärcher" parlant de "voyoucratie". François Fillon, Premier Ministre, invité le 04/03 sur Europe 1 estime que Parisot "a eu la bonne réaction". La veille, il avait rencontré la présidente du Medef. Selon elle, l'affaire de l'UIMM a été évoquée "de manière uniquement factuelle". Lundi, toujours sur Europe 1, Eric Woerth, ministre du Budget, annonçait qu'il y aurait "évidemment" une "enquête fiscale" sur les retraits frauduleux de DGS.
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A lire aussi
"Affaire de l'UIMM : mais qui veut la peau de Laurence Parisot ?" (Rue89, 02/03)
"Parisot face au nouveau scandale de l'UIMM" (Le Figaro, 29/02)
"Laurence Parisot : 'Je demande l'UIMM de se ressaisir'" (RTL, 03/03)
"Le tout-puissant Comité des forges" (Libération, 04/03)
"Frédéric de Saint-Geours : 'Les patrons ça ne s'achète pas comme des actions'". (Le Monde, 04/03)
"UIMM : Laurence Parisot était au courant, selon Julien Dray" (AP, 04/03)
Le clip
Une fois n'est pas coutume. La rubrique "Clip du jour" vous fait découvrir un jeune groupe prometteur. "La chanson du dimanche" s'est fait connaître pendant les grèves de l'automne dernier avec le tube "Petit cheminot". Le duo (en pause pour l'instant) formé par Alex et Clément propose chaque dimanche sur leur site une nouvelle chanson inspirée de l'actualité. Avec un ton parodique qui donne "la pêche". Et pour illustrer cette sombre "affaire de l'UIMM", retrouvons le clip "Cash cash money" datant de mars 2007.
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